Lettre à Dieu

Lettre à Dieu

01.05.2026

J’ai la main fébrile au moment où j’écris ces mots. Je sais que les mots sont à la fois l’expression parfaite de chacun, mais ils n’expriment pas toute l’étendue de ce qui habite un être au moment où il les pose. Mais je vais tâcher d’être la plus authentique possible car ce qui importe c’est ce que dégagera ce texte.

Depuis que je suis toute petite, je sais très bien que tu es là quelque-part. Je suis baptisée et j’ai tenté de lire les évangiles il y a longtemps de cela. Mais je ne suis jamais parvenue à rentrer dans le cadre d’une religion ou d’un mouvement spirituel, je n’y ai jamais trouvé complètement ma place. A chaque fois, il y avait une dissonance, quelquechose qui ne me correspondait pas.

Alors j’ai grandi et j’ai fait ma vie avec cette conscience plus grande que seule mon intériorité pouvait comprendre à défaut de parvenir à la faire comprendre. Une partie de mon existence ici je l’ai traversée dans l’ambivalence, constamment partagée entre ce que je percevais à l’intérieur et ce qu’il fallait faire pour répondre au monde extérieur. Le gouffre entre les deux était béant mais je suis passée maître dans l’art de m’adapter au cadre, à être dans le « faire » pour répondre à ce qui m’entoure et me faire accepter.

Et puis un jour, j’ai basculé dans un monde plus subtil, très différent de ce que je voyais autour de moi. Un monde où je rencontrais une force à travers laquelle je me reconnaissais et qui me reconnaissait aussi. J’ai mis beaucoup de temps à déconstruire mes nombreux schémas et tout autant à réapprendre ce qui était déjà là depuis le début. C’est là ta force, celle de laisser le libre-arbitre à chaque instant pour que nous parcourions toutes les expériences que nous choisissons de vivre. 

Si je t’écris aujourd’hui, c’est pour reconnaître que tu vis en moi. J’ai tant appris de ce monde où la dualité m’a permis de mieux me connaître. C’est un chemin nécessaire, comment savoir que je suis le côté pile d’une pièce si je ne reconnais pas sa face opposée. Pendant un temps, ce miroir m’a offert la possibilité de définir à chaque reflet qui j’étais vraiment à chaque étape. Et puis un jour, le miroir s’est flouté, le reflet a disparu peu à peu car je suis sortie du principe de polarité. J’ai compris que tu étais là tout le temps et qu’il existait une autre réalité plus vaste. J’ai retrouvé le chemin de l’Amour inconditionnel, celui qui se trouve sur chaque face d’une médaille comme tout autour de cette médaille. Alors j’ai senti l’Unité, ce sentiment universel qui relie tous les Êtres entre eux, leur permettant de profiter de l’individualité pour vivre des expériences qui rejoindront un monde plus grand. Ça ne s’explique pas, ça se vit.

Maintenant, j’ai un pied dans chaque réalité, ni dedans ni dehors mais dans le Tout. J’accepte le paradoxe tel qu’il est parce qu’il est le mystère qui permet de s’en remettre au plan divin, d’avoir confiance en soi autant que la foi. Vivre dans la foi, c’est juste vivre le présent au sens du temps comme du cadeau qu’il propose, en se disant que tout est juste et à la bonne place. J’aligne les trois plans, le corps, l’âme et l’esprit, pour sentir ma place dans tout ce que je fais et tel que mon Être choisit de vivre.

J’aurai pu utiliser le terme « la source originelle » ou encore « l’univers » pour t’adresser cette lettre mais il est tantôt féminin, tantôt masculin là où je vis Dieu en moi avec les deux. Peut-être que mes propos seront mal compris comme je le disais au début de cette lettre. Pour autant, il s’agit de ma vérité, celle je vis.

Je t’aime.

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