
Trèfle et numérologie
La flore nous offre de créer un lien très concret entre l’influence du nombre et son impact sur l’énergie qu’il créé. Le trèfle est un exemple qui illustre parfaitement cette notion pour qui a recherché des heures durant le fameux trèfle à quatre feuilles dont l’histoire le précède. Voyons ici une façon imagée de comprendre le message de cette petite tige au quatuor végétal.

Avec la présence du trèfle à trois feuilles, l’enchantement opère qui soulage le cœur, apaise la respiration et vient dire « tu es en sécurité avec toi-même ». Alors la pensée fertile prend place et le champ des possibles s’ouvre pleinement, les limites s’estompent offrant de sortir d’une zone de confort pour oser la création. Cette nouveauté s’appuie sur l’existant pour établir une continuité, une lignée cohérente. Cette fertilité où 1 + 1 font 3 fabrique un produit unique issu du passé faisant croître la toile universelle, ouvrant un droit de passage à la procréation et reliant les êtres vivants par la pensée puis dans les actes comme un fruit nouveau pleinement ancré dans la matière.

Le trèfle à quatre feuilles est ancré dans la terre plus profondément comme un gage de stabilité pour cultiver la nouveauté et la différence. Le nombre 4 lui donne cette assise installant une confiance et une foi inébranlable. Avec lui le tempérament du visionnaire ressort, cette capacité qu’ont certains êtres à marquer la rupture sur les vieux schémas pour ouvrir à l’innovation. Plutôt qu’un couple, le trèfle à quatre feuilles fonctionne à deux couples nous éveillant à la renaissance, à la création d’un monde nouveau avec un changement de paradigme. Il ne peut y en avoir beaucoup pour que le changement opère avec fluidité permettant l’adaptation du collectif. Le prix à payer est de porter la différence face au groupe mais il est aussi le phare dans la nuit qui soulèvera l’espoir d’un monde nouveau tout en maintenant l’essence du collectif.

Pour vous faire ressentir l'enseignement du trèfle, je vous livre ici une histoire courte suivie de quelques clés d'interprétation. Bonne immersion !
CONTE INITIATIQUE : LE CHARMEUR DE SERPENTS
Deux jeunes couples se sont offert un voyage en Inde pour découvrir ce beau pays empreint d’une forte tradition ancestrale. Ce jour-là, ils se dirigent vers un village-atelier pour rencontrer un charmeur de serpents, une pratique qui aiguise leur curiosité même s’ils la savent controversée.
Le guide les amène au cœur d’un village reculé, au fond d’un atelier disposant d’une petite pièce en arrière-boutique où ils retrouvent Padma qui les accueille avec un regard mêlant sagesse et malice. Le charmeur installe les deux couples au sol pour former un cercle autour d’un panier disposant d’un couvercle qu’il retire. Le silence est de mise dans cet endroit rempli de mystère et Padma sort sa flûte traditionnelle, un pungi, puis tape légèrement du pied pour réveiller les serpents présents dans le panier. Il entame sa mélodie et deux serpents sortent alors du panier. L’un d’eux se dirige vers l’extérieur du cercle et amorce une ronde autour du groupe dans le sens des aiguilles d’une montre, quand l’autre fait une ronde à l’intérieur en sens inverse. Un curieux ballet prend place qui décontenance nos jeunes amis. Un cobra se dresse alors dans la corbeille faisant un mouvement ascendant autant qu’il semble danser dans les airs au son du pungi. Le son qui émane de la flûte de Padma n’est pas forcément agréable mais il commence à se teinter de chuchotements, d’un souffle curieux, comme une conversation subtile mêlée de présences dont on ne comprend pas les mots de façon intelligible. On pourrait se croire dans une séance de spiritisme et les deux couples sont immobiles, à la fois terrifiés mais aussi submergés par les sensations que leur offrent cette scène.
L’un des hommes se prend de l’envie irrépressible d’aller prendre un peu de glaise sur une table de l’atelier, lui qui n’a pourtant aucun talent artistique habituellement. Non sans une certaine grâce dans ses mouvements, il façonne le morceau de terre pour modeler une belle carafe au corps large et au col d’une finesse remarquable. Alors qu’il termine, sa femme se lève pour aller prendre un pinceau et quelques godets de peinture présents à proximité. La voici qui dessine de beaux motifs aux multiples couleurs pour protéger le bel objet. Elle le place dans un four au feu de bois non loin du cercle pour procéder à sa cuisson, alors même qu’elle craint le feu, vestige d’un souvenir douloureux de son enfance. L’autre femme prend le relais très rapidement se sentant investie de la mission d’aller chercher une eau pure ainsi que du thé. Elle prépare délicatement le breuvage et laisse infuser tranquillement sous les yeux ébahis de l’assistance ne l’ayant jamais vu prendre le temps de quoique ce soit. Alors qu’elle verse le thé dans la carafe, vient le moment où son mari se lève pour se mettre en quête de tasses adaptées. Il revient avec cinq bols à thé qu’il dispose au sol, saisit la carafe et verse le liquide avec une telle cérémonie et des mouvements si gracieux qu’il en est lui-même surpris puisqu’il est affublé du titre de bourru la plupart du temps.
Le petit groupe entame alors une belle de célébration où chacun de leurs gestes est empreint d’une grande harmonie. L’heure n’est plus à la curiosité car ces instants qu’ils viennent de vivre resteront sans nul doute gravés à jamais. Ils auront ouvert une porte inconnue, celle d’avoir expérimenté des habitudes inédites pour rejoindre un mouvement collectif harmonieux.
CLES D’INTERPRETATION
Les deux serpents qui rampent en sens inverse nous plongent dans la polarité mouvante du monde terrestre mais le cobra ouvre à l’ascension possible dans le même temps. La présence évidente des défunts rappelle combien notre incarnation ne serait pas sans notre lignée ancestrale. Nos deux jeunes couples ne les entendent pas complètement, et pourtant c’est sous leur impulsion qu’ils s’adonnent à expérimenter le contraire de leurs habitudes pour souligner que rien n’est jamais figé quand la création est à l’œuvre. Le féminin et le masculin s’invitent dans la danse portés par la terre, le feu, l’eau et l’air pour souligner l’alchimie d’un rituel qui les mènera vers l’unité et l’harmonie. On retrouve ici le trait d’union entre la singularité de chacun s’inscrivant dans un ouvrage collectif propice à l’abondance.
En définitive, là où le nombre trois instaure la fertilité et la croissance naturelle des choses, le nombre quatre favorise les nouveaux schémas et l’innovation au profit de l’évolution.
